mardi 26 juillet 2016

Les vidéos 1972,73,74,75



Ce lien permet de voir visionner un film de quelques minutes. Des diapos rassemblées et une voix off qui commente la construction héroïque d'un mur colossal réalisé en deux étés, 19172, 73


https://vimeo.com/83394903


Autres liens qui rapportent d'autres événements de cette même époque au Prieuré d'Hérival.

https://vimeo.com/84204556

https://vimeo.com/84204556

https://vimeo.com/83297930

https://vimeo.com/82114332

Nota bene: 
Je crois qu'il faut copier, puis coller ces différentes lignes https://



Anagramme dans le coeur sur le porche d'entrée.

lundi 20 janvier 2014

Vidéos 1972/73/74.


La communauté en 1971/72/73/74.

J'ai pu manger quelques fraises de bois dans le fronton, en haut de l'échelle...

j'ai scanné des centaines de diapositives de nos débuts à Hérival.

Les photos ont plutôt été prises lors des étés.

J'en ai fait sept ou huit films courts de deux minutes maximum.

Les cinq ou six films des travaux donnent une idée assez juste de notre inconscience de jeunes propriétaires prêts à tout faire pour restaurer cette bâtisse brinquebalante que nous venions d'acheter en mai 1971.
Trois films présentent les habitants/ouvriers/pionniers et couples des premières années. 

Voici le lien pour choisir entre toutes les vidéos

https://vimeo.com/user709678/videos






lundi 19 août 2013

La carte d'Hérival du XVIIIe




( les photos n'apparaissent pas entières, elles sont grandes, il faut cliquer pour les regarder plein écran. le texte n'est pas le plus important.)








La carte de la vallée d’Hérival qui date du XVIIIe.

Je vais relater ma découverte du jeudi 24 novembre 2011 à 15h37.
J’attends dans le hall des Archives Départementales d'Épinal.

Neuf mois plus tôt, la conservatrice nous informe par courrier que nous allons recevoir un dévédé contenant les photographies de la numérisation du "plan d'Hérival" qui est en leur possession depuis vraisemblablement les saisies de la Révolution, nous ne l’avons jamais vu.
Elle précise que le plan est en très mauvais état et qu'il leur est impossible de nous le montrer ;  ils vont faire des photographies de ce document et nous les envoyer.
Les mois ont passé, cela n'a pas été fait.
Entre-temps, la Conservatrice des Archives a changé, nous ne l'avons pas su.

Neuf mois plus tard, à 15h 38 je présente la dite lettre.  J’attends tranquillement un quart d'heure, on m’annonce que les numérisations ne sont pas faites.
Alors, on me fait entrer dans leur salle de travail ; deux dames tiennent déroulé un grand plan de papier d’un mètre cinquante.
- « Est-ce cela que vous cherchez ? »
Je scrute, je cherche, j'y trouve un certain nombre d'indications que je connais, les lieux-dits environnants Hérival, les différents étangs. Mais, je ne repère ni le nom "Hérival" ni le dessin de l'ancien Prieuré, l’espace est étonnamment vide.

Je reprécise que nous n’avons jamais vu ce plan que nous cherchons.
Nous savons seulement qu'il existe, puisque en 1972, un photographe a fait une photo de l'ensemble architectural du Prieuré Hérival, qui est devenue carte postale.
Comment s’est-il retrouvé face à ce document, je ne m'y suis jamais vraiment intéressé. Quelles étaient la taille et l’ampleur de l’original, nous n’en avions aucune idée ? Seulement la carte postale en 2000 exemplaires assez grossièrement imprimée. A cette époque il a sans doute été plus facile de sortir ce document et de le photographier en noir et blanc.

En 2010, Monique, à la retraite, donc plus disponible qu’avant, se met à la recherche de l’original, elle s’en approche, ça se termine par la réponse de la conservatrice; "le plan est trop fragile, il faut faire un travail de restauration, patience pour les photos."
On nous oublie.

Un an après donc, on me montre un plan de plus d’un mètre cinquante de long et je n'y vois pas le dessin du Prieuré, là où il devrait être. J’ai l'impression d'être amnésique. Je ne comprends pas ou plus, je suis victime d’une farce. Les maisons dans lesquelles j'habite ne sont pas sur la carte. Ahurissant !

La dame un peu déconcertée par mon trouble, retourne très motivée  dans les fonds.
Elle me rappelle un quart d'heure plus tard. Cette fois elle m’entraîne dans la grande salle de restauration, et je suis face à deux plans strictement les mêmes :
-       sur l'un, il n’y a aucune mention de lieux,
-       sur l’autre tout est écrit, les lieux-dits, les différentes routes, les tracés semblent faits au millimètre à la règle en fonction d'un relevé topographique sans doute très exact.

Les deux plans sont strictement les mêmes, ils semblent avoir été calqués ou plutôt dupliqués grâce à des trous d’épingles de repérage bien visibles.

- Sur le premier plan ne figure aucune indication de lieu-dit, il est de couleur plutôt sépia, bien endommagé, vieilli, recollé, plutôt marouflé sur une autre feuille, ce qui le rend assez gondolé, mal restauré m’a précisé la Conservatrice.

- Le deuxième est en meilleur état, il est colorié aux crayons de couleur ou à l'aquarelle ; les rivières, les rus, les plans d’eau sont en en bleu, les prairies sont en kaki vert.

La plus importante des différences entre les deux plans est le surprenant dessin cubiste des différents bâtiments du Prieuré d'Hérival qui datent d'avant 1802, absent sur le premier plan.

… Je crois avoir compris pourquoi les bâtiments ne figurent pas sur le premier plan ; il y a un gros rajout de papier collé de plus de 15X10 cm sur le deuxième plan.
Je pense que le premier plan d'ensemble de la vallée et ses environs était suffisamment complexe, alors le dessinateur/écrivain/géomètre n'a pas jugé utile d'entreprendre le fastidieux travail de dessin du Prieuré puisque ce premier plan n'était sans doute qu'une étude, un plan d'essai avant le plan définitif en couleur celui que j'appelle le deuxième plan au rajout collé minutieusement dessiné.

Si j'insiste sur  l'importance de ce petit dessin détaillé presque cubiste, ce que n'est pas un plan à proprement parler... C’est presque une photo aérienne, elle est la seule représentation imagée, de ce qu'à pu être cet ensemble architectural avant la Révolution française.

L'éminent historien du lieu, Dom Galli mentionne les dimensions des différents bâtiments, il donne quelques petites indications chiffrées, mais ce qu'il écrit ne permet absolument pas de se faire une image en trois dimensions correctes des différentes habitations.
Il est inutile de commenter et décrire plus ces deux plans. Il est préférable de bien regarder ce minutieux dessin du complexe architectural d’Hérival.
J'ai été très touché, ému d'être en présence de ces deux plans, d'avoir le droit de le toucher du doigt, d'avoir pu essayer de comprendre.

Cette fois la numérisation est faite, elle est de qualité, malheureusement la photographe des archives n’a photographié qu’un seul plan, celui des dessins. Néanmoins il permet de repérer un certain nombre de détails que nous ignorions jusqu’à maintenant… 














samedi 27 juillet 2013

Video 11e Cucaracha 2013








Songe d'une nuit d'été...











Cucaracha 2013 from gilemon villemin on Vimeo.













Samedi 6 et dimanche 7 juillet 2013 à Hérival.






mardi 11 juin 2013

Contraintes et Cie de Philippe










ça fait 10 ans que Philippe dissémine ses créations sur le sentier des abeilles qui mène à la clairière tout au fond de la vallée d'Hérival.







Si vous faites le déplacement dans cette clairière, si vous venez à pied et en bottes, vous verrez bien d'autres "sculptures-installations sur le chemin et en contrebas et même dans la rivière, la Combeauté. Certaines sont bien cachées, les sonnettes par exemple, il est possible d'en compter une dizaine...



Soyez respectueux, certaines se caressent, aucune ne s'escalade, la plupart demandent de la délicatesse.





















































































































Il y a encore quelques belles photos à faire et à ajouter dans cet article.

Donc à suivre.





jeudi 28 février 2013

"Songe d'une nuit d'été 2013."



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Chers membres du même "club Les Amis ex-élèves & autres origines",

Cet été, en juillet, début juillet, le 6 et 7 exactement, il y a un événement exceptionnel chez nous.
Exceptionnel, pour deux raisons :
1- Shakespeare* en personne vient mettre en scène le "Songe d’une nuit d’été".
C’est une pièce assez féérique, plaisante, abordable, allégée…
2- Monique*, votre belle sœur ou belle tante en personne tient le rôle principal dans la pièce.

1- *C’est une blague, il ne peut pas être là, il est trop célèbre pour daigner se déplacer dans notre vallée haute-saônoise.
2- * C’est une exagération, mais pas une blague. Monique ne tient qu’un rôle secondaire, mais important, c’est un challenge pour elle.

Ça se passera en partie dans la cour et aussi dans la clairière du fond, la nuit et au petit matin. Presque vingt quatre heures plus ou moins sur place, dont deux repas compris pour 30€ par personne. Ceux qui veulent dormir sur place dormiront dans la forêt, les autres rentreront chez eux.
Tous les détails sont dans la belle lettre bien ci-jointe.

Je vous parle de cela dès maintenant de façon à ce que vous y pensiez.
Notez que les dates ont changées, habituellement c’était le week-end du début des vacances scolaires, ce qui n’était pas de la disponibilité de beaucoup. Cette fois, vous êtes pour la plupart en vacances dans les Vosges ou aux Sechelles, ce dernier cas de figure est une bonne excuse que nous acceptons, bien entendu.

Vous connaissez pour la plupart le théâtre à Hérival, La Cucaracha, vous y êtes venus quelques fois.
Je n’ai pas à insister pour dire que c’est,  toujours d’une grande qualité, toujours différent, et que nous sommes fiers à chaque fois d’accueillir les brillantes prestations des jeunes comédiens et cela depuis presque quinze ans.
Shakespeare… ça peut être l’occasion de découvrir le théâtre savant, un peu moins facile que de suivre les multiples amours de boulevard, mais je vous garantis aussi le rire et, de plus, le burlesque.


Le Prieuré en action, c’est bien aussi chouette que quand il dort en hiver comme aujourd’hui sous la grisaille.
Toutes les infos utiles sont dans le texte qui suit.
Vous comprendrez qu’il est utile pour les comédiens de savoir combien il y aura de spectateurs.

Je vous souhaite de bonnes journées là où vous êtes.

Gilbert… &  Monique. Hi, hi !

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Mesdames, Messieurs
Chers amis, fidèles d’hier ou de demain,
Vous tous qui aimez l’insolite,

faisons un rêve…

      Vous ne saviez pas,  vous ne vous en étiez pas aperçus mais c’est ainsi : 

Charlet Théâtre a 20 ans !!

    C’était en l’an 1992-93 (les saisons théâtrales vont avec les années scolaires) que j’ai constitué ce groupe d’anciens élèves de l’atelier du collège – ces « anciens » étaient alors tous lycéens) et nous avons joué Psyché, une pièce que j’avais écrite quelques années plus tôt. Depuis ces comédiens se sont essayés, révélés, aimés (et séparés…) pour quelques mois ou plusieurs années et nous avons monté, créé, joué 30 spectacles, tous je crois très différents mais avec le même souci d’invention, d’horizons nouveaux et de fraternité.

Cette année, nous sommes 17 à vous proposer une expérience unique à plusieurs titres :

     
Notre festival  "LA CUCARACHA 2013"  ce sera essentiellement


LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ
  de SHAKESPEARE


Mais attention !   du samedi 6 juin 17h30 au dimanche 7 juin 12h30     nuit comprise.

     Vous assisterez 
à l’acte I devant le prieuré d’HERIVAL
à  l’acte II, à l’acte III dans la soirée et jusqu’à la minuit, 
et à l’acte IV, au petit matin, dans la forêt d’Hérival
à l’acte V en fin de matinée de retour au Prieuré.
     
Vous aurez droit à minuit au Souper des Fées, à midi à l’Asado d’Obéron (viandes grillées pour lesquelles vous apporterez à boire à votre guise).
Vous pourrez dormir sur place à la belle étoile ou en camping sauvage (on vous réveillera), rentrer chez vous, trouver une auberge voiture.
  Cette représentation sera unique, ne la manquez pas !

     Nous vous demandons de vous inscrire avant le 31 mars 2013 en nous faisant parvenir      30€  -  22€ (étudiants) - 10€ seulement pour ceux d’entre vous qui sont adhérents à jour de leur cotisation.
     Adressez-vous à l’un des membres acteurs de Charlet Théâtre.
     Adressez-les à : Charlet Théâtre, collège Charlet  BP 30046  88202 Remiremont Cedex.
     Téléphonez pour en savoir plus :  06 77 95 51 86 ou 03 29 30 64 63 ou 06 47 23 34 31
     et aussi, http://leprieuredherival.blogspot.com/ 
     
     Les 30€ vous permettent d’assister en supplément à :
"Thé, café-Harold Pinter", notre second spectacle (c’est votre année anglaise !) en avril ou début juillet au Théâtre du collège Charlet, et à toutes les autres animations de la Cucaracha 2013.



     Deux spectacles, deux repas, une expérience exceptionnelle
 pour 30€ !

 Avouez que pour notre anniversaire, c’est un peu nous qui faisons le cadeau…






Nota bene : nous ne pourrons accueillir plus de 120 personnes mais en dessous de 70, nous renoncerons au projet.
     Tout à la joie de vous compter parmi nos spectateurs privilégiés, je vous remercie déjà de votre confiance.


Salut et fraternité.
                                                                 
Gilles Maréchal
pour tous les membres acteurs.

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LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ
  de SHAKESPEARE  au prieuré d'hérival

Du samedi 6 juillet 17h30 au dimanche 7 juillet 12h30 nuit comprise.

    
Bonjour Gilbert,

Voici quelques commentaires sur cette pièce que je trouve l'une des plus féériques de tout le répertoire mondial.

     Le Songe d'une nuit d'été offre en effet tous les ingrédients d'un spectacle total avec plusieurs intrigues amoureuses, de nombreux jeux de scène comiques, voire burlesques, des chants et des danses dans la forêt, des fées, des métamorphoses physiques (une tête d'âne !) des moments de farce, mais aussi des moments de théâtre dans le théâtre (de pauvres et grossiers artisans jouant une pièce classique !), de l'irréel, du fantastique, du féérique, du réalisme, de la poésie, etc.

     C'est un véritable défi pour le metteur en scène : comment représenter, par exemple, la forêt, mystérieuse, pleine de murmures, d'une beauté irréelle, mais en même temps peuplée de fauves, lieu des amours et des dangers, lieu, peut-être, de nos fantasmes ou de notre inconscient ? Comment représenter les fées ? Qui sont-elles ? Comment faire vivre sur scène les métamorphoses des personnages, la magie des situations nocturnes ? Défi aussi pour les acteurs !
     C'est une exploration des rapports entre le surnaturel, l'imaginaire, et la réalité quotidienne. Après avoir vu cette pièce, on ne sait plus très bien où sont les frontières : rêve ? réalité ? Et cet effet onirique peut être accentué, si la pièce est jouée la nuit dans un décor naturel !
L'imagination du spectateur est toujours sollicitée dans cette pièce, où il y a plusieurs niveaux de lecture.  Ainsi, donc, elle s'adresse à tous, elle peut faire rire des enfants (à partir de 10 ans, je pense), et en même temps les adultes, mais pas forcément pour les mêmes raisons.
En plus, c'est une pièce optimiste, qui se termine bien, qui fait rire et rend joyeux.
Quelle belle nuit d'été en perspective !


Bien amicalement.  Michel Brocard. le 13 février 2013.



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samedi 18 février 2012

Chambardement de la cuisine

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La découverte!







(Toutes les photos peuvent être agrandies.)








Du grand Prieuré Hérival il ne reste que le "Logis des hôtes".

A l’intérieur du "Logis des Hôtes" il ne subsiste plus que quatre salles plus ou moins d’origine dont l'ancienne cuisine qui n’a jamais été améliorée depuis que nous avons acheté le Prieuré en 1971.




Cette salle n’a sans doute jamais été transformée depuis plus d’un siècle, depuis que les parents à Violette Durupt puis elle-même y ont habité jusqu’en 1971. Ce fut toujours leur cuisine sommaire avec un fourneau à quatre pots.
Gilémon et sa famille vont s’y installer en 2012. Nous aménageons sa cuisine pour quelques années en attendant que la famille passe dans leur futur appartement, de l’autre côté de ce même bâtiment, au sud, un grand espace vide pour l’instant mais potentiellement génial.

Rien n’est simple dans cette grande pièce.
Le "Logis des hôtes" date de 1740 environ, la cuisine date sans doute aussi du XVIIIe siècle, était-ce une cuisine à l’origine ? Pas certain.
Il a du y avoir de grosses restructurations au cours de son premier siècle d’existence, juste après la Révolution, essayons d’y voir plus clair.




Le chambardement des "meubles".

1- Un four à pain été installé à l’intérieur de la cuisine après la démolition des bâtiments d’habitation des moines (1802) puisqu’il est monté sur le dallage avec des belles pierres roses d’extérieures. De plus une partie du grand linteau de la cheminée actuelle est enfermée dans le four.




2- Face à la grande cheminée actuelle nous avons découvert les traces d’une autre grande cheminée qui a été cisaillée dans le mur qui fut crépi à la chaux. C’est en enlevant ce crépi que sont réapparus les traces de fumées sur le mur. Cette ancienne première cheminée rend la compréhension de cette pièce presque impossible… nous ne savons pas comment cette ancienne cheminée a pu atteindre le haut du toit, il ne reste aucune traces extérieure. Elle a pourtant existé !




3- Dans le plafond intégré au mur, il reste un "balcon anti feu" en pierres pour l’âtre de la chambre du dessus. C’est une avancée en pierres, un voutain à légère courbe, de 70 centimètres en surplomb qui se voit bien du dessous puisqu’il empiète sur le plafond à la française.




4- On a aussi remarqué qu’anciennement la porte d’entrée était à la place de l’arrière du four. Sans doute, lorsqu’ "ils" ont décidé d’installer un grand four à pain à l’intérieur, pour profiter de la cheminée, il a fallu changer la porte de place, quel travail !
Ceci dit, il est logique qu’en deux siècles et demi cette grande pièce ait pu vivre des gros changements.

La découverte la plus surprenante est sous le crépi à la chaux poilue.




L’enduit de la cuisine a beaucoup souffert il est lézardé, il est vacillant, il s’écaille, s’effrite, le salpêtre s’y est mis par endroit, les pierres se descellent. Ce crépi est composé de chaux et de sable, les "anciens maçons" y ont ajouté du poil d'animal, des fibres incorporées comme les super mortiers tout prêts d’aujourd’hui.
Cependant, tous les crépis de cette grande cuisine ne sont pas faits de cette manière.
Nous étions donc bien décidé décrépir tous les murs pour consolider les pierres entre elles avec du bon mortier d’aujourd’hui, certaines pierres nous sont apparus cisaillées par des portes à faux, la chaux ne faisant plus office de lit bien plat comme le mortier solide d’aujourd’hui.
Georges* enlève quelquefois 4 cm d'épaisseur en un seul coup de marteau, il n'y a pas vraiment réfléchir, il faut frapper. C’est un garçon costaud il manie le lourd marteau pointu et il tape dare-dare sur tous les enduits fragiles.
Nous avons des masques à poussière, nous mouillons le mur le mieux possible, nous sommes concentrés sur notre travail.
Georges* venait de dégauchir presque 50 cm en fermant les yeux, tant c’est facile de faire tomber cette couche de chaux. Il était passé comme un bourrin au gallot.
En relevant la tête sur la gauche un peu comme en plongeur en apnée il pousse un cri d'affolement, je suis à ses côtés plus à gauche, je regarde son expression, je ne comprends pas, il me désigne du doigt ce qu’il vient de discerner…

Une tête sculptée !




C'est bien Georges* qui a découvert le visage, la tête.
Une tête sculptée engoncée dans la chaux, insérée entre les pierres, une pierre de maçonnerie presque cubique, une pierre presque comme les autres, un peu plus petite, 15X15cm, en grès fin blanc mais c'est un visage, un beau visage qui vient d’être démasqué. Dans un premier temps, les traits sont grossiers, en-chaulés. Je ne distingue pas de traces de peinture, on ne voit donc pas les détails des paupières, encore moins ses pupilles.
Il a été aveuglé un siècle ou deux par 4 cm à 6 cm de chaux depuis le XVIIIe siècle date de la construction de ce bâtiment.
C’est une preuve que ce mur a aussi été construit avec des matériaux de récupération ce dont je n’étais pas certain, sans doute une belle pierre de la première église du Prieuré d'Hérival ?




En fonction de la coupe de cheveux, de la précision de la taille, je pense que l'on peut pratiquement être certain que cette sculpture date du XVe alors que le mur a été construit aux environs de 1740.
Qui a placé cette tête à cet endroit ?
On peut penser qu'un maçon… sans scrupule ? Sans scrupules puisqu'il maçonne avec une tête ! Le nez est un peu raboté…
Au dernier moment, il aurait tout de même eu quelques scrupules et il aurait placé la tête côté intérieur donc possible à découvrir ?




Je ne pense pourtant pas que ce soit un maçon ou une autre personne intentionnée qui ait placé cette tête pour lui donner une autre raison d’exister. Ce n’est pas la première belle pierre sculptée que nous trouvons lors de travaux.
Nous avons déjà trouvé la partie inférieure d’un Saint guerrier en toge et en armure. Le pied a été cassé pour rendre ce bloc plus parallélipédique afin de mieux l’insérer maçonné dans le mur. La lance et la main ont été arasées, la sculpture en grès blanc est peinte d’un bel ocre jaune orangé. Nous possédons aussi le pied du cerf en grès blanc qui était placé au bout du verger devant le bâtiment des moines au sud. Un dessin indique qu’un cerf était placé à cet endroit.
Et bien d’autres éclats, morceaux, fragments plus ou moins intéressants.

Médusés, nous l’étions.
Par absurdité, et pour rire, Georges et moi (Gilbert) nous avons pensé que toutes les autres pierres décrépies étaient aussi des pierres sculptées, qu'il y avait une tête sur chacune des autres pierres, mais que les têtes avaient été placées dans l'autre sens, et que seule la pierre que nous venions d’exhumer nous présentait son visage, dans le bon sens pour nous.
Cela nous a plu de le croire un instant.
Nous n'avons pas vérifié, nous aurions peut-être du le faire !
La découverte, fut un instant magique, rare...
* Georges est un garçon qui se fait de l'argent de poche en nous aidant à nos travaux pour mener à bien sa vie de comédien.




C'est le troisième portrait que nous trouvons en 15 ans de restauration dans ce qui reste du Prieuré d'Hérival ; une belle pierre en grès rose trouvée au fond d’une fosse, un dessin à la sanguine trouvée derrière une boiserie et celle-ci de style gothique.
La première est plutôt de facture carolingienne, celle que nous venons de découvrir fait penser à celles que l’on trouve sur le portail de Chartres, le dessin du bonhomme à la redingote est du XVIIIe.

Difficile de remettre de l’ordre, il y a plus de cinq siècles de construction, de transformation qui se télescopent dans les différentes constructions qui ont été érigés et détruites sur ce site.
Il est important de consolider les murs d’un mortier très solide, les pierres sont trop disjointes et quelques fois prêtent à tomber.

Que va devenir cette tête ?




Nous décidons de laisser cette tête là où elle est, elle est sans doute beaucoup plus en sécurité là où elle est. Elle est bien intégrée, bien insérée, bien coincée entre les autres pierres, nous ne devons pas toucher à cet acte iconoclaste du XVIIIe et ne pas nous ériger en archéologue moraliste du XXIe en extrayant cette tête pour la mettre sur un piédestal, dans une vitrine qui risque d'être brisée dans quelques décennies.




J’ai moulé en bandes plâtrées cette tête avant et après un nettoyage méticuleux, le masque négatif, concave, très précis, sera placé à gauche de l’original comme si par une charnière l’homme s’était débarrassé de son masque.
Sur la photo jointe, l’impression est que les deux visages sont concaves, ce qui n’est pas le cas !
Sur le masque il y a quelques traces de rouge brique, ce fut la couleur d’origine, puis il a eu quelques couches de badigeon blanc.
Le savon placé pour le moulage a révélé les pupilles par un miracle que je n’explique pas ; une différence de matière qui s’est vu par humidité ? La photo le montre très bien.




Quel prénom ?
Je pense que ça pourrait être une bonne idée de lui donner un prénom. Un prénom et un nom chic ?

... ça sera Georges d'Hérival !



Et si elle était en couleurs !
ça donnerait ça...








Une tête à Chartres.




Une tête à Autun.












à suivre.